Appareil photo instantané Instax Square SQ10 de Fujifilm

Test de l’Instax Square (Fujifilm)



Avec l’Instax Square, également dénommé SQ10, Fujifilm continue à innover et à brouiller les pistes. Reprenant certains codes de la gamme Instax déjà établie, ce modèle s’en écarte pourtant puisqu’il produit des photos carrées et embarque des fonctions avancées de retouche avant impression. Voici une présentation détaillée et un avis complet sur l’Instax Square, appareil aussi créatif que ludique.

Le SQ10, un nouvel entrant dans la famille Instax

Le concept

L’Instax Square est un appareil d’un genre nouveau chez Fujifilm, et même d’un genre nouveau tout court, bien que l’on puisse lui trouver quelques cousins dans la gamme d’appareils proposés par Polaroid ces dernières années.

Boîtier définitivement hybride, il est le premier de la lignée Instax à embarquer une technologie numérique avancée. Il dispose notamment d’un écran LCD qui sert à la fois pour la prise de vue et pour l’édition de ses images avant impression. Cette dernière partie s’avère complète et ludique, puisque l’appareil intègre un système de retouche qui se base, entre autres, sur l’application de filtres à la sauce Instagram.

L’Instax Square peut fonctionner en mode Auto et se comporter comme un pur appareil photo instantané. A l’instar de l’Instax Mini 9, par exemple. Mais il s’écarte dans le même temps des appareils Instax précédents puisqu’il vous permet de retoucher vos photos et de choisir celles que vous souhaitez imprimer sur papier photo.

L’appareil fonctionne avec du film instantané Instax, sur le même modèle que les films Instax Mini et Instax Wide, mais dispose de son propre film, le format Instax Square. Le SQ10 prend des photos au ratio 1:1, donc carrées (sur un support qui est lui rectangulaire). C’est là une nouveauté supplémentaire au sein de la ligne de produits Instax de Fujifilm.

La taille des images

Le côté de cette image carrée est égal au côté le plus long du format Instax Mini, et est aussi équivalent au côté le plus court du format Wide. Le format Instax Square se positionne donc comme un format intermédiaire entre Mini et Wide.

Le choix du format carré fait de nouveau penser, après le recours aux filtres, à l’appli Instagram. Mais il permet également de se rapprocher du format d’image Polaroid. Ce dernier reste tout de même sensiblement plus grand que le format Instax Square.

Une photo vaut mieux qu'un long discours. Voici une comparaison des formats Instax Mini, Instax Wide, et Instax Square.

Une photo vaut mieux qu’un long discours. Voici une comparaison des formats Instax Square, Instax Wide, et Instax Mini (de gauche à droite).

Le design

Le design du SQ10 se révèle relativement épuré. Bien qu’il soit différent des Instax mini 8 et 9, il en reprend certains codes, avec ses lignes toutes en rondeurs, et ses larges déclencheurs circulaires.

En façade il présente un objectif positionné en plein milieu du boitier, et deux boutons de déclenchement, répartis d’un côté et de l’autre.

Au dos, l’écran digital de 3.0 pouces occupe la majeure partie de l’espace disponible. Il surplombe une molette et un bouton placé en son centre, qui permettent à eux deux de naviguer dans les interfaces.

Le SQ10 n’est pour le moment disponible qu’en noir. On peut probablement s’attendre à des déclinaisons dans d’autres coloris si le succès est au rendez vous.

La prise de vue : fonctionnement et réglages

Le chargement du film

Le chargement du film est très similaire à ce que l’on connaît sur les autres appareils Instax. On presse un bouton présent tout en haut au dos de l’appareil pour ouvrir celui-ci. On place à l’intérieur une cartouche de film Instax Square, en prenant bien soin de faire correspondre le repère jaune placé sur la cartouche avec celui présent à l’intérieur de l’appareil. Les deux rectangles jaunes doivent se joindre. Enfantin.

Sachez que l’appareil reste complètement fonctionnel même s’il n’est pas chargé avec une cartouche de film. Vous pouvez tout à fait prendre des photos que vous éditerez et sortirez plus tard, après étude approfondie des réglages optimaux pour la retouche d’une photo. Pratique.

La visée

Contrairement aux autres appareils Instax, il n’y a pas de viseur sur le SQ10. La visée s’effectue par le biais de l’écran numérique situé au dos. On compose donc son image en tenant l’appareil devant soi, à la manière d’un compact numérique.

La mise au point

L’appareil dispose d’un AutoFocus et effectue la netteté sur le point central de l’écran. Très intéressant : on peut, comme avec un reflex, enfoncer le déclencheur à mi-course pour mémoriser la mise au point et déporter son cadrage pour composer son image.

Le déclenchement

Le déclenchement s’opère avec l’un des deux boutons placés sur le devant de l’appareil. Pourquoi deux boutons ? Fujifilm a en fait pensé aux gauchers, qui vont pouvoir configurer leur appareil de façon à déclencher avec l’index gauche. Vous pouvez configurer l’appareil pour que le déclencheur inutilisé vous serve à switcher entre les différents modes de prise de vue : Standard, Pose longue, Double exposition.
On observe une certaine lenteur pour enchaîner deux photos.

La double exposition

La double exposition vous permet de combiner deux photos sur une même vue. Rien de très exceptionnel sur le principe, cela existe ailleurs, mais ici le système se révèle particulièrement bien pensé. Une fois ce mode sélectionné, vous faites une première photo, que vous confirmez ou annulez. Après avoir validé cette première photo, vous pouvez voir en temps réel l’image que vous composez se superposer à la première vue. Vous avez donc un aperçu du rendu final avec la combinaison des deux images. Juste après le déclenchement, vous pouvez également valider cette seconde vue ou revenir à l’étape précédente.

Une double exposition. Filtre Martini, Vignettage +20, Luminosité laissée à 0.

Une double exposition. Filtre Martini, Vignettage +20, Luminosité laissée à 0.

Le mode Bulb

L’Instax Square est également pourvu d’une pose longue. Elle se calque sur celle de l’Instax Mini 90 dont elle reprend malheureusement les lacunes : il est impossible de dépasser 10 secondes de pose, et le déclenchement ne peut se faire via le retardateur pour gagner en stabilité. Le mode B ne peut pas non plus être combiné avec la double exposition pour enchaîner plusieurs expositions et ainsi prolonger artificiellement la pose. Fujifilm pouvait mieux faire, sur ce coup.

Les fonctions complémentaires et options

L’Instax Square embarque un flash au fonctionnement relativement complet puisqu’il peut être forcé, désactivé, ou laissé en mode Auto. Le SQ 10 dispose également d’un retardateur qui programme le déclenchement soit après 2s, soit après 10s.

Les filtres peuvent être utilisés dès la prise de vue, avec l’écran vous montrant en temps réel le rendu final, ou bien appliqués après coup, en phase d’édition de vos images.

Par ailleurs, il est possible d’effectuer des mises au point sur des distances très rapprochées, jusqu’à 10 cm. Un vrai plus.

Les modes Auto et Manuel

L’appareil intègre bien un mode Auto pour un fonctionnement 100% instantané, avec sortie directe de vos images, mais soyons clairs : en réalité il y a peu de chances que vous utilisiez ce mode. Si vous achetez l’Instax Square c’est en grande partie pour l’opportunité qu’il vous offre de n’imprimer que les photos de votre choix, que vous aurez retouchées à votre guise préalablement. Par conséquent vous allez en profiter pour esquiver les ratés, qui peuvent être relativement courants dans le cadre de la photo instantanée, et plus particulièrement avec des sujets en mouvement. Cette raison, combinée au fait que les films Instax restent chers, font que la tentation est trop grande de n’utiliser l’Instax Square qu’en mode Manuel.

Vous pouvez choisir d'utiliser le mode Auto et l'Instax Square sortira la photo tout de suite après le déclenchement. Mais soyons honnêtes, il y a peu de chances que vous utilisiez ce mode, en vrai.

Vous pouvez choisir d’utiliser le mode Auto et l’Instax Square sortira la photo tout de suite après le déclenchement. Mais soyons honnêtes, il y a peu de chances que vous utilisiez ce mode, en vrai.

L’édition et la retouche des images

La partie qui concerne la retouche et l’édition des images, depuis le mode lecture, est clairement une des facettes les plus sympas avec l’Instax Square, et se veut un des gros points forts de l’appareil. Le SQ10 vous laisse parcourir vos images et leur appliquer les filtres de votre choix.
Sélectionner un filtre, doser les différents effets, tout cela se fait avec beaucoup d’aisance. A l’aide des touches disposées autour du bouton central, et en jouant avec la molette qui borde celui-ci, on parvient facilement à ses fins.

Les filtres

Les filtres sont accessibles depuis la touche du haut. Vous devrez faire votre choix parmi les 10 disponibles. Le système de filtres est clairement inspiré d’Instagram, le célèbre réseau social basé sur le partage d’images.
Outre les filtres sépia et noir et blanc, on retrouve 8 effets qui jouent chacun sur des dominantes de couleur, de contraste, de netteté… On sent quelques redondances mais dans l’ensemble ils présentent suffisamment de variété pour vous proposer un large éventail d’effets. On se prend à multiplier les essais. Bienvenue, une fonction vous permet de copier une image de la mémoire interne vers la carte SD, et vice versa.
On regrette en revanche un peu de ne pas pouvoir disposer d’un mode permettant de faire la comparaison entre la version en cours d’édition et la version précédente.

Les réglages pour cette image imprimée avec l'Instax Square : Filtre Highline, Vignettage +20, luminosité +1/3

Les réglages pour cette image imprimée avec l’Instax Square : Filtre Highline, Vignettage +20, luminosité +1/3

Le vignettage

Le bouton placé en haut à gauche vous permet de doser le vignettage. Celui-ci va consister à éclaircir ou assombrir les angles de votre image. Un effet qui vous permet de donner davantage de poids au centre. C’est une affaire de goût personnel. Dans mon cas j’ai toujours tendance à obscurcir légèrement les coins.

La luminosité

Vous pouvez éclaircir ou assombrir l’image de votre choix en contrôlant la luminosité, réglage associé au bouton de droite.
Pour la luminosité comme pour le vignettage, l’intensité de l’effet se règle à l’aide de la molette. Quelques crans dans un sens ou l’autre vous aident à déterminer le bon réglage.

Le recadrage

Si la composition ne vous donne pas entièrement satisfaction, vous pouvez choisir de zoomer dans une partie de l’image et de vous y déplacer. Lorsque l’image telle qu’elle apparaît à l’écran vous convient, lancez l’impression. La photo sortira en tenant compte du cadrage affiché à l’écran. La photo n’est pas définitivement rognée, le recadrage n’est pas non plus mémorisé. Lorsque vous dézoomez, vous récupérez l’intégralité de l’image initiale.

Les commandes situées au dos de l'Instax Square permettent de naviguer facilement entre les types d'effets. Appliquer des filtres, doser la luminosité ou le vignettage.... tout cela est un régal.

Les commandes situées au dos de l’Instax Square permettent de naviguer facilement entre les types d’effets. Appliquer des filtres, doser la luminosité ou le vignettage…. tout cela est un régal.

L’impression

Le bouton donnant accès à l’impression se situe en bas à droite. Il se distingue par une icône verte. Depuis le mode lecture, avec l’image que vous souhaitez imprimée affichée à l’écran, appuyez sur la touche d’impression, validez, et hop ! L’impression se met en route. Une sympathique petite animation, amusante car bien synchronisée, vous montre l’image qui disparaît de l’écran par le haut, ce qui coïncide avec sa sortie sur le dessus de l’appareil et sa matérialisation sous vos yeux.

La photo imprimée s’écarte parfois légèrement de l’image prévisualisée sur écran. Cela tient à de petites différences, à de menus détails mais, par exemple, les couleurs ne sont pas parfaitement identiques. On se prend à trouver que la dominante de couleur de tel ou tel filtre paraissait plus prononcée sur l’écran. Ou bien on remarque parfois de petits artefacts qui trahissent la nature numérique de l’image.

Prêtez par ailleurs une attention particulière aux réglages de luminosité. Procédez par petites doses. Si vous appliquez un léger éclaircissement, l’image en sortie d’appareil est tout de suite plus claire que ce que l’écran vous donne à voir. Et inversement : si vous obscurcissez d’un cran votre image, elle sera nettement plus sombre. Dans tous les cas, mieux vaut doser cet effet avec parcimonie, et ne pas trop vous écarter du réglage par défaut.

Verdict

L’Instax Square intéressera tous ceux qui, sans être des puristes de la photo instantanée, adorent le film Instax mais cherchent à obtenir un meilleur contrôle de leurs images qu’avec un Instax Mini.

Avec son large panel d’effets et de réglages, le SQ 10 promet de donner libre cours à leur créativité. Surtout, son système d’impression différée leur permet de choisir les images qu’ils souhaitent sortir sur papier.

Plus complet, plus riche technologiquement que les autres modèles de la gamme Instax, l’Instax Square se différencie également par un prix plus élevé… qui freinera peut-être certains.

Avantages et inconvénients de l’Instax Square

On aime

  • Facilité et plaisir d’utilisation
  • Multiplicité des effets et des filtres
  • La possibilité de copier ses images
  • … Et d’imprimer plusieurs fois la même photo

On aime moins

  • Lenteur pour enchaîner deux vues
  • Pose longue perfectible