Appareil photo instantané Lomo'Instant Square, de Lomography

Test du Lomo’Instant Square (Lomography)



Le Lomo’Instant Square est le seul appareil 100% analogique à utiliser le tout récent film Instax Square créé par Fujifilm, et même le premier appareil instantané au monde à pouvoir prendre des photos sur deux types de films différents, puisqu’il propose accessoirement un dos qui accueille les recharges de film Instax Mini. Encore un appareil qui sort du rang chez Lomography !

Au printemps 2017, Fujifilm mettait sur le marché un nouveau format de film Instax, carré, baptisé Instax Square, ainsi qu’un tout nouvel appareil éponyme. Lomography, qui propose toute une gamme d’appareils instantanés fonctionnant avec les films Instax de Fujifilm, les Lomo’Instant, n’a pas tardé à réagir. La marque a lancé à son tour, en fin d’année, un nouveau projet d’appareil sur KickStarter. Le Lomo’Instant Square, comme tous les précédents projets de Lomography, a été financé à une vitesse prodigieuse. Il est disponible à la vente depuis le début d’année 2018.

Design

Si les modèles de la gamme Lomo’Instant fonctionnent avec les films Instax produits par Fujifilm, ils ne copient pas pour autant les appareils de la marque nippone, et s’en démarquent même complètement. Lomography imprime les codes de sa marque en les dotant d’une personnalité propre, pour en faire des appareils originaux à tous points de vue.

Lomography a par exemple choisi de faire de son Lomo’Instant Square un appareil à soufflet, ce qui lui donne d’emblée une connotation vintage, un look 100% rétro.

Le design global est très anguleux et confère au Lomo’Instant Square des allures de bloc monolithique, un brin austère. Particulièrement quand l’appareil se trouve en position initiale, éteint. Dans cette position, l’appareil reste relativement compact, facile à transporter.

La poussière est propice à se loger dans les plis et sur le caoutchouc du soufflet en accordéon. Faites donc attention à replier l’appareil après chaque prise de vues, et à le nettoyer régulièrement.

Dans sa position initiale, éteint, l'appareil est assez compact. Les lignes sont quelque peu austères.

Dans sa position initiale, éteint, l’appareil est assez compact. Les lignes sont quelque peu austères.

L’appareil reprend pour son ergonomie plusieurs caractéristiques communes aux appareils instantanés de Lomography, les Lomo’Instant Automat et Lomo’Instant Wide.

  • Les différentes touches permettant d’actionner les fonctions de l’appareil sont réparties sur une même ligne, au dos du boitier.
  • Le compteur de poses, situé sur le côté, s’inspire lui aussi des modèles Lomo’Instant précédents. Une série de dix LEDs logées sur un des côtés de l’appareil vous indique le nombre de poses restant sur la cartouche en cours. Par exemple : six LEDs sont allumées, il vous reste six photos en réserve.
  • Le Lomo’Instant Square est, comme ses acolytes, équipé d’un miroir à selfie.

Mais le Lomo’Instant Square s’éloigne des autres membres de la famille sur certains points :

  • Pas de bouchon d’objectif sur ce modèle : l’optique est protégée par un rideau qui s’ouvre ou se ferme seul, selon que l’appareil est déployé ou plié.
  • La télécommande, pour le déclenchement à distance, n’est donc pas dissimulée dans le bouchon d’objectif, comme sur les autres appareils Lomo’Instant. Très discrète, elle s’encastre dans le bas du boitier, où elle se dissimule parfaitement.
  • On ne retrouve pas non plus de bague de réglage des distances autour de l’objectif. La mise au point s’opère en bougeant un curseur placé au bout du soufflet, près de l’optique.

L’appareil, au moment de son lancement, à été produit dans une série de finitions que l’on retrouve classiquement chez Lomography : noir, blanc, rouge… Si Lomography reste fidèle a sa façon de procéder, on peut toutefois s’attendre à voir débarquer plus tard de nouvelles éditions du Lomo’Instant Square, plus bigarrées ou excentriques.

Mise en route et fonctionnement de base

Le Lomo’Instant Square fonctionne avec deux piles CR2. Pour profiter de la télécommande, il faudra encore vous munir d’une troisième pile, de type CR2025 celle-ci.

Le chargement du film est d’une grande simplicité : on ouvre la trappe au dos pour placer la recharge de film dans le bon sens, avant de refermer. Il n’est bien évidemment plus question d’ouvrir le dos une fois la cartouche de film en place, les photos seraient voilées.

L’appareil s’allume lorsque vous déployez le soufflet. Pour cela, vous devez placer vos doigts sur le côté du bloc frontal, dans la partie basse, et exercer une pression vers le haut et tirer dans le même mouvement le bloc vers l’avant. L’ensemble se verrouille en position ouverte.

Pour replier le soufflet, pressez sur le coude de la barre métallique pour déverrouiller la position et ramenez l’ensemble en arrière. L’appareil s’éteint alors.

Attention aux problèmes de parallaxe sur les courtes distances. Il y a un décalage entre ce que vous voyez dans le viseur et ce que prend réellement en photo l'appareil.

Attention aux problèmes de parallaxe sur les courtes distances. Il y a un décalage entre ce que vous voyez dans le viseur et ce que prend réellement en photo l’appareil.

La mise au point s’appuie sur un zone system. Vous pouvez choisir entre trois plages de netteté :

  • 0,80 cm
  • 1 m / 2,5 m
  • 3 m / Infini

La distance minimale de mise au point est donc de 80 cm. Assez standard, mais quelque peu limitatif… On ne peut pas effectuer de très gros plans, par défaut. Un complément optique en verre, disponible dans un package d’accessoires en option, et spécialement prévu pour les portraits, permet toutefois de faire la netteté à 50 cm, pour des plans rapprochés.
Le réglage de distance intermédiaire est celui sur lequel vous serez positionné par défaut lorsque le soufflet est déployé et l’appareil prêt à déclencher.
Le troisième réglage est à privilégier lorsque vous visez un sujet placé à trois mètres et au delà.

Il est possible (et sans doute judicieux) de placer le curseur entre deux crans, ce qui permet d’essayer de gagner en netteté si vous avez une idée précise de la distance qui vous sépare du sujet.

La neige tombait sur Paris quand j'ai pu essayer le Lomo'Instant Square. Les immeubles haussmanniens s'étaient couverts d'un grand manteau blanc.

La neige tombait sur Paris quand j’ai pu essayer le Lomo’Instant Square. Les immeubles haussmanniens s’étaient couverts d’un grand manteau blanc.

Le viseur est assez étroit, et peu confortable. Deux carrés imbriqués l’un dans l’autre vous aident à composer au mieux votre image. Le plus petit tient compte de l’effet de parallaxe. C’est celui auquel vous devez vous référer lorsque vous sélectionnez la mise au point à 80 cm. Méfiez-vous toutefois de ses approximations. Lors de vos premiers essais, vous risquez d’être surpris par le cadrage final, souvent éloigné de ce que vous attendiez. Après quelques vues, vous aurez une meilleure connaissance de votre appareil et une compréhension plus fine de sa façon de voir les choses.

Le déclencheur est assez surprenant. Il se situe en façade, où il tombe à peu près sous l’index droit. Il s’agit d’un bouton carré orné du logotype Lomo.
Au risque de passer pour un débile, je dois vous avouer que pour le trouver, j’ai dû me résoudre à consulter le mode d’emploi, après avoir appuyé frénétiquement sur le miroir à selfie. J’ai en fait été induit en erreur par les autres appareils instantanés de la marque, sur lesquels le miroir à selfie fait également office de déclencheur.

Les fonctionnalités intégrées

Les appareils instantanés de Lomography brillent en grande partie par les fonctionnalités et les options créatives qu’ils proposent. Le Lomo’Instant Square reprend pour le coup plusieurs des éléments développés sur les modèles précédents de la gamme Lomo’Instant.
Comme à l’accoutumée, le contrôle des fonctions principales s’opère depuis une ligne de boutons placés au dos du boîtier. A chaque bouton correspond une LED ou deux, qui vous renseignent sur le réglage en cours.

L'appareil, vu de dos. Les fonctions principales sont accessibles à travers une série de touches alignées sur la droite. Les photos sont expulsées par la fente centrale visible sur le dessus.

L’appareil, vu de dos. Les fonctions principales sont accessibles à travers une série de touches alignées sur la droite. Les photos sont éjectées par la fente centrale visible sur le dessus.

On retrouve ainsi :

  • Un contrôle du flash très pratique, dans la mesure où il vous laisse choisir entre mode automatique, mode forcé ou position off.
  • Une touche MX qui vous permet d’expérimenter avec des doubles expositions, voir des expositions multiples. Il suffit de l’activer avant de prendre une photo, et la photo ne sortira pas automatiquement mais restera en réserve. Déclenchez une autre fois, ou même plusieurs fois (attention à l’overdose de lumière), puis appuyez de nouveau sur la touche pour éjecter votre image et lancer son développement. Relativement bien conçue, la fonction vous laisse la possibilité de faire une photo et de la garder en réserve, dans la cartouche. Vous pouvez éteindre l’appareil, puis le rallumer bien plus tard pour une autre vue.
  • Une fonction de compensation d’exposition, +1 / -1. Elle vous laisse une marge de manœuvre vis à vis de l’exposition calculée par l’appareil. Utile pour affiner vos images et éviter un rendu trop clair ou trop sombre qui ne vous satisfait pas.
  • Une fonction de pose B pour les expositions longues. Un premier déclenchement ouvre l’obturateur, et une seconde pression le referme. La pose peut aller jusqu’à 30s max. La pose B doit, idéalement, être utilisée en combinaison avec la télécommande qui permet de déclencher à distance.
  • Un retardateur de 10s, toujours sympathique pour vous laisser le temps de prendre place dans votre composition, ou pour vous garantir un peu plus de stabilité si vous posez l’appareil sur trépied et déclenchez à la main.
Le secret de fabrication de cette double exposition : un mur couvert de graffitis sur la première pose, et une main dans un gant noir, au-dessus d'un sol couvert de neige pour la seconde.

Le secret de fabrication de cette double exposition : un mur couvert de graffitis sur la première pose, et une main dans un gant noir, au-dessus d’un sol couvert de neige pour la seconde.

Accessoires et fonctions avancées

Le Lomo’Instant Square est livré, de base, avec les fameux color gels. Ces bouts de plastique se glissent devant le flash, dans une fente prévue pour les accueillir. Choisissez un coloris qui teintera la lumière produite par le flash et donnera une dominante de couleur à votre image finale.
Certains coloris sont plus denses que d’autres, et donnent un effet plus prononcé. En extérieur, l’effet sera moins perceptible qu’en intérieur. Là aussi, et comme toujours chez Lomography, le maître-mot reste Ex-pé-ri-men-ta-tion.

Comme les autres appareils, le Lomo’Instant Square est vendu seul, ou bien en kit Combo Package. Celui-ci contient des accessoires ingénieux :

  • Le Splitzer, un accessoire qui se fixe au bout de l’objectif et vous laisse créer une image en jouant avec des effets d’expositions multiples.
  • Un objectif complémentaire pour les portraits. Cette lentille, qui se fixe sur l’optique, permet de faire la netteté à 50 cm et donc de construire des plans rapprochés.
  • Un dos Instant Mini qui accepte les cartouches de films Instax Mini. Un accessoire révolutionnaire en un sens, puisqu’il fait du Lomo’Instant Square le premier appareil instantané à pouvoir fonctionner avec deux formats de films différents !

Je n’ai malheureusement pas pu tester cette fonctionnalité, l’exemplaire que j’ai eu entre les mains n’étant pas accompagné du dos Instant Mini.

Les images

Comme sur la plupart des appareils photo instantanés, l’optique n’est pas franchement lumineuse (ouverture maximale f/10), et donne ses meilleurs résultats quand la lumière est abondante. Mais l’appareil s’en sort pourtant convenablement en intérieur, grâce à son flash et à son système d’exposition performant, qui vise juste la plupart du temps.

L’Instant Square peut délivrer des images agréables, et bien nettes. Son optique en verre n’y est sans doute pas étrangère. Les photos produites par le Lomo’Instant Square m’ont également paru moins sujettes au vignettage ou à la déformation dans les angles que celles produites par ses frangins de la gamme Lomo’Instant.

Instant Square VS Instax Square

Le Lomo’Instant Square utilise le même format que l’Instax Square de Fujifilm, il est donc tentant de comparer les deux appareils. Les deux modèles sont pourtant radicalement différents. Alors que l’appareil de Fujifilm se présente comme un concentré de technologie et revendique une approche hybride, mêlant écran LCD, logiciel d’édition des images et impression sur papier à émulsion chimique, le bébé de Lomography se veut quant à lui un appareil 100% analogique et s’inscrit dans la lignée des vrais appareils instantanés. Une approche qui plaira avant tout aux puristes et à tous ceux qui apprécient le style Lomography.

Les images produites par le Lomo’Instant Square sont également un brin plus naturelles que celles produites par l’Instax Square. Sur ces dernières, apparaissent parfois quelques petits artefacts typiques des images numériques.

Avec le Lomo'Instant Square, la gamme d'appareils instantanés de Lomography est complète et couvre tous les formats de films Instax.

Le Lomo’Instant Square complète la gamme d’appareils instantanés de Lomography : celle-ci couvre maintenant tous les formats de films Instax.

Verdict

Lomography complète habilement sa gamme d’appareils instantanés avec ce Lomo’Instant Square. L’appareil plaira aux aficionados de la marque. Ils retrouveront avec plaisir les multiples fonctions créatives qui caractérisent sa signature. Le Lomo’Instant Square offre également une nouvelle alternative aux puristes de l’instantané, ceux qui ne jurent que par le 100% analogique et qui n’auraient pas trouvé l’Instax Square de Fujifilm à leur goût.

Avantages et inconvénients du Lomo’Instant Square

On aime

  • Le format Instax Square, mais travaillé à la sauce Lomo !
  • Le système d’allumage couplé au déploiement du soufflet
  • La télé-commande qui se range habilement dans le boîtier

On aime moins

  • Le viseur étroit, avec un cadrage approximatif sur les distances courtes
  • 3 piles sont nécessaires pour utiliser l’appareil et sa télé-commande

On aime ou on aime pas

  • Look un brin austère qui ne plaira pas à tout le monde…