Appareil photo instantané OneStep 2 de Polaroid Originals

Test du OneStep 2 (Polaroid Originals)



Impossible Project, qui continuait la production de films instantanés destinées aux appareils vintage Polaroid, a changé de nom pour devenir Polaroid Originals. Un nom fort, emblématique, sur lequel l’entreprise compte bien s’appuyer pour trouver un nouvel élan. Pour marquer le coup, Polaroid Originals sort un nouvel appareil, le One Step 2, basé sur un ancien modèle… Et cherche à confirmer l’adage selon lequel c’est dans les vieux pots que l’on fait les meilleurs soupes. Voici une présentation de ce OneStep 2, qui signe le retour du pola à l’ancienne.

Polaroid Originals a basé son OneStep 2 sur un modèle lancé par Polaroid en 1977. Le One Step (premier du nom) n’est certes pas resté dans les mémoires comme l’appareil le plus performant sorti par Polaroid, mais est néanmoins très représentatif de la lignée des appareils 600 produits par la marque durant de nombreuses années. Sa simplicité d’utilisation et son prix accessible lui ont valu un large succès auprès du public.

Design et ergonomie

Dans sa forme et son allure générale, le OneStep 2 recherche clairement la filiation avec son illustre prédécesseur.

  • L’appareil est bicolore. La façade, soit blanche, soit graphite (l’appareil est lancé en deux versions différentes) se distingue du corps, noir.
  • Le OneStep 2 présente la forme et les angles typiques des appareils vintage Polaroid. Sur la façade “en escalier”, l’objectif est positionné en plein centre. Il surplombe le compartiment à film, proéminent. Le dos tombe en biais, peu après le sommet.
  • Le déclencheur est un gros bouton circulaire rouge. On ne peut pas le rater.

Polaroid Originals a cherché à imiter les anciens appareils jusque dans certains détails.
Par exemple, le OneStep 2 arbore en façade la fameuse petite molette noire qui, sur les appareils anciens, servait à corriger l’exposition. On la tournait dans un sens ou l’autre pour éclaircir ou assombrir son image avant de déclencher. Sur le One Step 2, cette molette est factice, purement décorative ! Un clin d’oeil de plus au modèle de référence, sans doute.

Le OneStep 2 joue à fond la carte de la ressemblance avec les anciens appareils de Polaroid et surfe sur la vague vintage.

Le OneStep 2 joue à fond la carte de la ressemblance avec les anciens appareils de Polaroid et surfe sur la vague vintage.

La ressemblance est poussée. Le néophyte pourrait presque n’y voir que du feu, et croire que le One Step 2 n’est qu’un boitier vieux de plusieurs décennies, juste bien conservé, maintenu en bon état. Le OneStep 2 s’écarte pourtant de son modèle de référence sur d’autres points.

Contrairement au premier OneStep, le OneStep 2 intègre un flash. Ce flash, dont l’absence faisait cruellement défaut au modèle OneStep, est ici placé en façade. Sur les anciens appareils 600 équipés d’un flash, celui ci se trouvait dans la partie se rabattant devant la façade, qui venait fermer en quelque sorte l’appareil. Lorsque le boîtier était ouvert, cette barre comprenant le flash surplombait l’appareil.

Au dos, le viseur n’est pas perché au bout d’une “corne”, comme sur les anciens modèles de la série 600, mais accessible depuis un creux occupant un angle.

Le compteur de vues est assez original, puisqu’il prend la forme d’une série de petite LEDs disposées en deux rangées de 4, sur le dessus de l’appareil. Le nombre de LEDs allumées indique à l’utilisateur combien de poses restent dans la cartouche. Sur les anciens modèles, le compteur de vues, plus classique, prenait la forme d’une petite fenêtre affichant plus simplement un chiffre, visible au dos de l’appareil.

Des petites touches, discrètes et disposées ici et là, démarquent également le OneStep 2 des anciens modèles. Elles correspondent à autant de fonctionnalités sur lesquelles nous reviendrons.

Enfin, l’oeil attentif saura reconnaître une prise mini USB, qui sert évidemment à charger l’appareil, chose totalement impensable sur un modèle vintage.

Fonctionnement

Simplicité d’utilisation

Le One Step 2 garde, dans son fonctionnement, une simplicité qui paraît quasi enfantine à l’heure des reflex et compacts aux réglages innombrables, de la photo au smartphone et du traitement numérique des images.

Pour charger une nouvelle cartouche de film, il faut ouvrir le compartiment en poussant sur le côté le petit loquet présent en façade. La cartouche se charge en veillant à ce que la petite languette soit placée vers le bas. On referme l’appareil puis on le met sous tension à l’aide du bouton on/off situé au dos. De plastique jaune, son aspect est un brin cheap.
Vous cadrez en collant l’appareil à votre joue pour regarder à travers le viseur. Celui-ci est clair et spacieux, confortable donc, mais méfiez vous toutefois du décalage qui peut vous surprendre sur les images finales. Le viseur ne se trouve pas dans l’axe de l’objectif en effet, et l’appareil ne voit pas tout à fait la même chose que vous. Vous déclenchez bien sûr avec le gros bouton rouge placé sur la face de l’appareil.

Lorsque la photo sort de celui-ci, elle est automatiquement protégée par une languette (la frog tongue) qui se déroule et couvre l’image pour la protéger de la lumière. Lorsque vous cueillez votre image, que vous la détachez de l’appareil, la frog tongue s’enroule et reprend sa position initiale.
Les 8 LEDs positionnées sur le dessus vous informent sur le nombre de poses restant dans la cartouche.

Placés au dos, de l'autre côté du déclencheur, se retrouvent le bouton d'allumage, la touche de désactivation du flash et la prise mini USB.

Placés au dos, de l’autre côté du déclencheur, se retrouvent le bouton d’allumage, la touche de désactivation du flash et la prise mini USB.

Quelques fonctions clefs

Sur le plan des fonctions avancées, ce nouvel appareil s’écarte davantage du One Step, sans toutefois basculer dans la révolution.

Le flash, débrayable

Élément de première importance : le flash, intégré en façade, à côté de l’objectif. L’appareil, lors de la prise de vue, active systématiquement par défaut le flash. Il peut toutefois être basculé en off, en maintenant enfoncée une petite touche placée au dos, en même temps que l’on appuie sur le déclencheur. Le flash s’adapte et dose son intensité en fonction de la lumière ambiante. Il s’avère, sans surprise, tout à fait indispensable en intérieur.

La correction d’exposition

Si la petite molette noire mentionnée plus haut n’est qu’un élément décoratif, un bouton placé sur la façade assure toutefois la fonction de correction d’exposition. On le pousse vers le + ou vers le – pour anticiper sur le résultat et produire une image plus claire ou plus foncée que ce que l’appareil sortirait par défaut.

Le retardateur

Autre aspect, plus novateur cette fois : le retardateur. Voici une fonction qui n’existait pas sur les appareils anciens et qui s’avère plutôt bienvenue sur le One Step 2, d’autant qu’elle est gérée de façon intelligente. Une petite touche permet d’activer le retardateur, et il est même possible d’y avoir recours tout en désactivant le flash, par simple combinaison de touches. Toujours pratique pour les photos de groupe, ou pour les auto-portraits un peu travaillés. En fixant l’appareil sur trépied et en ayant recours au retardateur, vous gagnerez énormément en stabilité.

En dehors de cette dernière fonction, le OneStep ne propose rien, il faut bien le reconnaître, que du très classique. On se demande par moments s’il ne manque pas un peu d’audace. Mais que lui manquerait-il exactement ? Difficile à dire… Au final, en y repensant, il est probable qu’en lui ajoutant des fonctionnalités supplémentaires, on le complexifierait davantage. Au risque de perdre du coup la simplicité qui caractérise les appareils et l’esprit Polaroid d’origine.

Car le OneStep 2 est bien un appareil qui se situe dans la plus pure tradition Polaroid. Il se destine à un usage fun, sans prise de tête. Personnellement, je trouve juste un peu dommage que Polaroid Originals n’est pas misé, pour ce modèle, sur un système de mise au point un peu plus performant. Le recours au système d’autofocus par sonar utilisé entre autres sur les Polaroid 640, 660 et SX-70 Sonar OneStep aurait été une bonne idée pour assurer des images encore plus nettes… mais le prix aurait pu s’en trouver impacté. A 120€, le OneStep 2 permet à Polaroid Originals de concurrencer les appareils Instax de Fujifilm. Un autre appareil, plus évolué et plus onéreux, suivra peut-être plus tard… qui sait ?

Alors que les anciens appareils Polaroid étaient alimentés par une batterie contenue directement dans la cartouche de films, le OneStep 2 reprend un concept déjà inauguré sur le précédent appareil d’Impossible Project, l’I-1, modèle autrement plus complexe et qui a eu assez peu de succès, d’ailleurs. C’est l’appareil qui contient la batterie, comme cela se fait de façon classique aujourd’hui, et il se charge via USB. Le One Step 2 a pour point commun avec l’I-1 d’utiliser les mêmes films I-type. Mais il accepte également les films 600, ceux qui se destinent aux anciens appareils Polaroid.

Le OneStep 2 fonctionne aussi bien avec les films I-Type qu'avec les films 600.

Le OneStep 2 fonctionne aussi bien avec les films I-Type qu’avec les films 600.

La nouvelle génération de films Polaroid Originals

Polaroid Originals profite également de son changement de nom pour annoncer une nouvelle génération de films instantanés. Après plusieurs itérations sous Impossible Project, les films 600, SX-70 et I-1 poursuivent leur évolution, en quête d’un rendu toujours amélioré.

Polaroid Originals ne s’est pas contenté de procéder à une refonte du packaging de ses films, toujours aussi réussi, mais a également révisé leur chimie.

Les films couleur

Les nouveaux films couleur se développent plus vite que les précédents. Polaroid Originals recommande cependant de continuer à les abriter de la lumière dès leur sortie de l’appareil. Personnellement, les films me paraissent mieux définis, plus nets, un peu plus aptes à rendre les détails que les précédents. Néanmoins, ils ne sont toujours pas au niveau des films produits il y a encore 10 ans par Polaroïd. Ils restent sujets, comme les précédents films estampillés Impossible Project, aux tâches, aux irrégularités, et autres petits ratés parfois énervants. La question de leur stabilité et de leur comportement dans le temps reste aussi posée.

Les films noir et blanc

Les films noir et blanc quant à eux semblent très proches ou identiques à ceux de la génération précédente. Il n’est pas certain que leur chimie ait été revue d’ailleurs. Les premiers essais donnent des images toujours aussi contrastées, et dans certains cas, quelques vilains spots apparus aléatoirement sur la surface de certaines poses.

Les nouveaux films, proches des 16€, sont disponibles à un coût légèrement inférieur aux derniers films émis par Impossible Project, plus proches des 20€. Une baisse de coût relative (le format Polaroid reste moins avantageux que le format Instax, ne vous y tompez pas), mais néanmoins grandement appréciable.

Les nouveaux films ont un rendu assez fin des détails, mais certaines poses souffrent parfois de petits défauts désagréables.

Les nouveaux films ont un rendu assez fin des détails, mais certaines poses souffrent parfois de petits défauts désagréables.

Verdict

Polaroid Originals revient aux fondamentaux avec ce OneStep 2, un modèle directement inspiré des appareils Polaroid à l’ancienne. Tous ceux qui ont connu les grandes heures de Polaroid, et qui n’avaient pas encore franchi le pas pour revenir à l’instantané, vont pouvoir renouer avec des sensations oubliées grâce au One Step 2. Mais les photographes les plus jeunes peuvent aussi être séduits par ce format carré, plus grand, et qui produit des images au rendu plus authentiquement argentique que le format Instax Square de Fujifilm.
Seuls les photographes qui n’ont jamais délaissé leur vieux Polaroid un peu plus avancé (modèles les plus aboutis des séries 600 et SX-70) et toujours fonctionnel ont une raison solide de ne pas être convaincus.

Le One Step 2 est un appareil photo polaroid efficace, qui s’appuie sur une génération de films revue et corrigée, certes encore perfectible mais qui permet de pratiquer le format pola d’origine dans des conditions satisfaisantes.

Avantages et inconvénients du OneStep 2

On aime

  • Un appareil très fidèle à l’esprit d’origine Polaroid
  • L’ajout indispensable du flash par rapport à la version originale
  • Le retardateur
  • La baisse de prix (relative mais appréciable) des nouveaux films Polaroid Originals

On aime moins

  • Viseur clair et spacieux, mais peu précis
  • Pas de système de mise au point
  • Une ou deux fonctions supplémentaires ou innovantes auraient été bienvenues